Conformément au vote du règlement intérieur par les élus lors du Conseil communautaire du 17 décembre 2020, un espace de libre expression des conseillers n’appartenant pas à la majorité est prévu sur le Site Internet de notre collectivité ainsi que sur notre page Facebook. Voici les Tribunes parues dans le magazine de MARS/AVRIL 2026 de « Sète agglopôle méditerranée ».
Les mesures en faveur des conchyliculteurs sont une prise de conscience réelle. La filière traverse une crise profonde et nous devons agir. Pour assurer l’avenir, deux actions prioritaires s’imposent : accélérer les projets de mise à l’abri des coquillages et sécuriser des espaces fonciers près des zones de production. La protection de la lagune c’est la survie de la filière.
En 4 ans, 3 crises sanitaires ont eu lieu. La cause ? le système d’assainissement défaillant, pas les huitres. À Sète, le réseau unitaire déverse des milliers de m³ d’eaux polluées dans la lagune dès 24 mm de pluie. La cause ? l’urbanisation massive et l’imperméabilisation. Malgré des avancées, comme la nouvelle STEP, négliger la rénovation des réseaux c’est risquer des crises graves à répétition : menaces sur la santé publique, précarisation de la filière, méfiance des consommateurs et dégradation de l’image du territoire.
13 M€ prévus pour moderniser l’assainissement à Sète c’est à saluer, mais l’urgence impose le gel temporaire des projets d’urbanisation pour réaliser des études approfondies sur la capacité des réseaux, de la STEP et adapter l’action à la réalité technique. Par ailleurs, les 3M€ d’aides restent en deçà des pertes subies et les jeunes entreprises, très fragiles, méritent un soutien proportionnel aux pertes.
La gestion de l’assainissement et de l’urbanisation manque de transparence au regard des enjeux de santé publique, de l’économie locale (zones de pêche déclassées), de la culture et l’attractivité du territoire. Le Comité de Lagune aura un rôle clé pour analyser, éclairer et proposer des décisions et actions fondées sur des faits. Pour la filière, c’est une épreuve économique, pour les consommateurs, une question de confiance et pour le territoire, un défi de résilience. Notre action doit se décliner sur la transparence et une expertise indépendante pour des choix éclairés, la priorité à la rénovation des réseaux et un frein à l’urbanisation le temps des études. La survie de la lagune est un bien commun et d’avenir.
Les élus Communautaires du groupe Thau Ensemble
Le bassin de Thau n’est pas seulement notre paysage, c’est le cœur battant de notre économie locale et le berceau d’un savoir-faire conchylicole ancestral. Pourtant nos ostréiculteurs et nos pêcheurs sont à bout de souffle, pris en étau entre des crises sanitaires à répétition et une gestion publique qui interroge. Un investissement pharaonique pour un résultat dérisoire. Depuis des années, on nous vante la modernisation de nos infrastructures d’assainissement. La pièce maîtresse de ce dispositif – la nouvelle station d’épuration – a coûté une véritable fortune aux contribuables de l’Agglo. On nous promettait une technologie de pointe, une protection infaillible de la lagune et la fin des fermetures administratives qui asphyxient la profession. Le constat est amer : malgré les millions d’euros engloutis, le compte n’y est pas. À la moindre intempérie, le système sature, les rejets polluent nos eaux et les étals se vident. Comment justifier qu’un tel investissement, présenté comme «la solution», produise des résultats aussi médiocres ? Pourquoi une telle défaillance ? L’argent public est sacré, d’autant plus lorsqu’il est prélevé dans un contexte économique difficile. Face à ce «piètre résultat», le silence et la résignation ne sont plus acceptables. Y a-t-il eu des erreurs de conception technique ? Le dimensionnement était-il volontairement sous-évalué ? Où est passée l’efficacité promise lors de la signature des contrats ?
Nous ne pouvons plus nous contenter de communiqués de presse lénifiants. Il est temps d’exiger une totale transparence. C’est pourquoi nous demandons que la justice soit saisie afin d’établir les responsabilités de ce fiasco financier et environnemental. Les citoyens et les professionnels de la mer ont le droit de savoir pourquoi ils paient si cher pour une infrastructure qui ne remplit pas sa mission première : protéger notre étang et ceux qui en vivent. L’impunité technique ne peut servir de bouclier à une gestion défaillante. Il en va de la survie de la conchyliculture et de l’honneur de notre territoire.
Les élus communautaires du groupe Divers droites