Conformément au règlement intérieur, un espace de libre expression des conseillers n’appartenant pas à la majorité est prévu sur le Site Internet de notre collectivité ainsi que sur notre page Facebook. Voici les Tribunes parues dans le magazine de JUILLET/AOÛT 2026 de « Sète agglopôle méditerranée ».
Dès le lancement de Blue Invest, notre groupe s’est dressé pour tirer la sonnette d’alarme. Nous avions prévenu, dès le premier jour, que cette structure manquait cruellement de surveillance et que l’argent public y était distribué sans aucun contrôle sérieux. Malheureusement, le temps nous a donné raison : le manque de suivi a conduit à une utilisation totalement opaque et inefficace des fonds. Aujourd’hui, les masques tombent, et nous tenons à remercier la nouvelle gouvernance d’avoir enfin fourni un rapport transparent. Cet acte de clarté, que nous réclamions depuis des années, permet enfin de poser des chiffres sur la réalité de la situation.
Et le bilan est catastrophique. Si l’on cumule l’ensemble des subventions octroyées et qu’on les ramène au nombre réel d’emplois créés, le calcul est vertigineux : chaque emploi créé a coûté la somme astronomique de 14 000 € ! Que les choses soient claires : nous ne sommes pas opposés au principe d’une agence de développement économique, qui peut être un outil vertueux pour notre territoire. En revanche, nous exigeons, et nous exigerons toujours, que l’argent des contribuables soit rigoureusement contrôlé, centime par centime. On ne joue pas avec l’impôt des contribuables de notre agglo.
Face à cette gabegie financière, la question des priorités se pose avec force. Avec de telles sommes d’argent gaspillées, nous aurions pu et dû financer un chantier vital pour notre bassin de vie : la réfection des réseaux d’eaux. Aujourd’hui, la vétusté de ces réseaux pollue et empoisonne directement la lagune de Thau, menaçant de plein fouet la conchyliculture et la pêche, qui sont pourtant les moteurs économiques historiques et indispensables de notre territoire. Il est grand temps de cesser de financer des structures sans boussole et de réorienter l’argent public là où se trouvent les vraies urgences écologiques et économiques du territoire.
Les élus Communautaires du groupe Rassemblement National et Divers Droites
Sommes-nous prêts à prendre le moindre risque sur notre ressource en eau potable ? Alors même que les bénéfices du projet de LGV pour notre territoire restent incertains ? Nous avons besoin de penser l’avenir du ferroviaire. La question d’une nouvelle ligne au nord du bassin de Thau mérite d’être posée, notamment face aux menaces qui pèsent sur la ligne littorale avec le recul du trait de côte. Mais à la condition que les habitants en voient les bénéfices concrets. Des trains du quotidien plus nombreux et plus fiables, une desserte en TGV du bassin de Thau, un véritable développement du fret ferroviaire pour réduire le trafic routier. Bref, un projet pensé pour répondre aux besoins des
territoires, pas uniquement à ceux des grands voyageurs européens. Nous ne nous résoudrons pas à regarder passer les trains !
Les risques, eux, sont bien identifiés : sur notre environnement, nos paysages, nos terres agricoles et notre ressource en eau. La source d’Issanka est stratégique, elle alimente en eau potable les habitants de Sète. Dans un contexte de changement climatique, sa protection devrait être une évidence. On nous explique qu’en cas de pollution liée aux travaux, il suffira d’acheter de l’eau au Syndicat Bas Languedoc. Cela n’a aucun sens : ses captages sont aussi menacés par le chantier de la LGV. On ne remplace pas une ressource menacée par une autre ressource elle aussi menacée !
Après avoir porté ce sujet aux conseils municipal et communautaire, dans la presse locale, nous poursuivons cet engagement avec un recours gracieux contre l’arrêté préfectoral autorisant les forages exploratoires dans le périmètre de protection d’Issanka. Cette démarche s’ajoute à d’autres recours portés par des associations et des élus. La mobilisation du 6 juin à Issanka montre que cette inquiétude est largement partagée. Nous saluons toutes celles et ceux qui défendent notre territoire et notre bien commun le plus précieux : l’eau.
Laura Seguin et Chantal Boller, Nouvelles Pages pour Sète
Notre territoire est particulièrement fragile au vu du dérèglement climatique à l’œuvre. Sa ressource en eau n’en est que plus précieuse. Par ailleurs, nos besoins de mobilité quotidienne décarbonée nécessitent des dessertes ferroviaires à la fois fines et denses. À ce titre, envisager que le nord de notre bassin soit balafré par une ligne à très grande vitesse est une hérésie. Nous n’avons pas vocation à être seulement
traversés par des trains « européens », surtout si leur passage détruit nos richesses locales, écologiques et paysagères !
Pourtant, la SNCF, l’Etat et la Région s’échinent à nous imposer cette solution obsolète, à grands coups de propagande souvent mensongère. Dernière opération en date pour cela : l’arrêté préfectoral autorisant des travaux dans le périmètre de protection du captage d’eau d’Issanka alimentant une grande partie de notre territoire communautaire, dont Sète. Faire voter des motions demandant plus de clarté, c’est bien. Mais, comme le fait l’exécutif de notre collectivité, se contenter ensuite d’une réunion de pseudo-concertation, de laquelle on ressort avec plus de questions que de réponses, et finalement laisser la destruction s’opérer, ce n’est ni loyal, ni acceptable.
Heureusement, face aux coups de force pernicieux des promoteurs de ce projet inutile, destructeur et coûteux, des citoyen-nes se mobilisent, notamment par voie associative, pour contester devant la juridiction administrative les atteintes au droit de l’environnement. C’est ce qu’on appelle « l’Etat de droit ». Et heureusement que Les Ecologistes le défendent, face aux coups de boutoir qu’il subit de la part des macroniens, de la droite et de l’extrême-droite, ici comme ailleurs !
Alors, comme le dit la chanson, « Chagrin, fai ta mala », et, ensemble, sauvons Issanka !
Silvain Pastor, Conseiller communautaire – Les Ecologistes de Sète